Ce stratovolcan de 3 776 mètres est entré en éruption pour la dernière fois en 1707, recouvrant Edo — l'actuelle Tokyo — d'une couche de cendres assez épaisse pour stopper le commerce pendant des semaines. Aujourd'hui, le cône porte le label de site du patrimoine mondial de l'UNESCO, reconnu non comme un site naturel mais comme un paysage culturel dont le reflet apparaît dans les estampes, les sanctuaires shinto et les syllabes des haïkus composés par Bashō comme par Hokusai. Le statut sacré de la montagne remonte au VIIIe siècle, lorsque En no Gyōja, fondateur de l'ascétisme Shugendō, a gravi ses pentes pour la première fois. Les femmes furent interdites sur les sentiers jusqu'en 1872 ; la première ascension féminine enregistrée eut lieu trois ans après que la restauration de Meiji eut ouvert le sommet à tous. Les quatre itinéraires officiels d'ascension — Yoshida, Fujinomiya, Subashiri, Gotemba — convergent vers le cratère sommital, une caldeira de 500 mètres entourant huit sommets, dont le plus élevé s'appelle Kengamine.
Une excursion en bus au mont Fuji au départ de Tokyo part de Shinjuku ou de la gare de Tokyo aux petites heures de l'aube, couvrant 130 kilomètres d'autoroute pour atteindre la 5e station de la ligne Fuji Subaru, à 2 305 mètres d'altitude. Ce point à mi-chemin sert de point de départ pour l'itinéraire Yoshida, le plus fréquenté des quatre ascensions, et propose les derniers repas chauds et bouteilles d'oxygène avant la zone alpine. La plupart des excursions guidées associent l'arrêt à la 5e station à un circuit des cinq lacs Fuji — Kawaguchiko, Yamanakako, Saiko, Shojiko, Motosuko — où l'image inversée de la montagne flotte sur une eau calme lorsque le vent et les nuages le permettent. Les lacs occupent des bassins d'effondrement laissés par d'anciennes coulées de lave ; la forêt d'Aokigahara, un peuplement dense de pruches et de cyprès japonais, s'étend sur la rive nord-ouest du lac Saiko, son tapis de racines étant si épais que les boussoles s'y dérèglent. Les voyagistes programment des arrêts photo avec vue sur le lac à la pagode Chureito, une tour vermillon à cinq étages surplombant Fujiyoshida, et au parc Oishi sur la rive nord du lac Kawaguchiko, où la lavande et la kochia fleurissent par vagues saisonnières.
La meilleure excursion en bus au mont Fuji au départ de Tokyo comprend un guide bilingue, l'entrée à la 5e station et un itinéraire qui contourne la caldeira de Hakone pour capturer le Fuji depuis plusieurs points de vue. Les départs ont lieu toute l'année, bien que l'accès au sommet soit limité à la saison officielle d'ascension, généralement de début juillet à début septembre. En dehors de ces mois, la 5e station reste ouverte aux visiteurs qui préfèrent l'air alpin et les vues panoramiques à la randonnée aller-retour de huit heures vers le sommet. La visibilité de la montagne dépend de la clarté atmosphérique ; les matins d'automne après un front froid offrent les contours les plus nets, tandis que les après-midi d'été voient souvent le cône disparaître derrière les nuages orographiques. Un bus pour le mont Fuji au départ de la gare de Tokyo ou de Shinjuku ramène les passagers en soirée, la boucle complète — autoroute, rive du lac, station alpine et retour — étant effectuée en dix à douze heures.